Spirou,
l'aventure, la guerre, l'amour...
Qu'est-ce
qui pousse un auteur de bande dessinée à se lancer
dans l'aventure d'un "one-shot" de Spirou ? La
gloire d'apporter sa petite pierre à l'édification
d'une série mythique ? Ou d'autres motivations, moins évidentes,
plus personnelles, auxquelles on ne pense pas tout de suite ? Émile
Bravo nous raconte comment s'est passée pour lui cette
belle aventure.
La genèse du projet
C'est Fabrice Tarrin qui est le premier à m'avoir parlé du
concept des one-shot de "Spirou". Il est venu me voir
pour me proposer de lui écrire un scénario. Mais
cet idolâtre ne jurait que par les années 60 alors
que, pour moi, le plus intéressant était de raconter
la jeunesse du héros. À sa création par Rob-Vel,
Spirou est un personnage assez lisse et insignifiant. Et
même si, par la suite,
Franquin a étoffé sa personnalité en lui
donnant une dimension humaniste, il lui manque toujours une véritable
psychologie.
Je trouvais amusant de montrer qu'un personnage de
BD sans grande individualité puisse prendre une part majeure
dans les événements
dramatiques qui ont précédé et annoncé la
Seconde Guerre mondiale. Expliquant ainsi pourquoi, par la suite,
il ne se plongera que dans des aventures légères
en évitant de se mêler de politique et autres sujets
graves.
Le contexte historique (la fin des années 30) et
géographique
(la Belgique) me semblait également idéal pour glisser
une réflexion sur l'identité nationale, concept
qui m'échappe totalement, et rappeler que la neutralité d'un
pays ne l'empêche jamais d'être envahi.
Ensuite, j'ai
laissé l'idée mûrir pendant
deux ans, je me suis documenté pour coller au plus près
de la vérité historique et, un jour, tous les éléments
ont trouvé leur place logique dans ma tête ;
j'ai écrit l'histoire en trois mois et je l'ai dessinée
en quatre.
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